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Introduction

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Deux Tarnais pendant la période...

 

Les deux Tarnais ont participé à l'élaboration de la loi de Séparation du 9 décembre 1905, Emile Combes et Jean Jaurès. Ils sont tous deux favorables à la politique anticléricale et la séparation leur semble inévitable.

Emile Combes, né à Roquecourbe en 1835, fait ses études  secondaires au petit séminaire de Castres puis ses études supérieures à Paris et rentre au grand séminaire d'Albi. Il enseigne chez les religieux, se destine à la prêtrise puis change d'orientation, se marie et décide de devenir médecin. Il s'installe à Pons en Charente, perd sa foi et se tourne vers la franc-maçonnerie et la République. Il exerce la médecine et s'intéresse à la vie politique ;conseiller municipal puis sénateur.  Il est l'un des principaux dirigeants du parti radical et il devient président du conseil en 1902. Il fait fermer certaines congrégations en juin 1902 puis fait voter la loi du 7 juillet 1904 qui interdit l'enseignement aux congrégations. Il prépare la séparation mais elle n'est réalisée qu'avec son successeur, Rouvier.

Il n'a pas vécu dans le Tarn, y passait parfois pendant les vacances.  Son anticléricalisme lui fut reproché et les Tarnais ne l'appréciaient guère ; c'est "le petit père Combes" , "le bouffeur de curé". Ainsi, aux Archives départementales du Tarn, il a été impossible de trouver des photos de Combes, seulement des caricatures pas très élogieuses. L'histoire et surtout les Tarnais n'ont retenu que les lois contre les congrégations, or cet homme a eu pendant de longues années des responsabilités politiques ; n'est-ce pas un peu réducteur ?

Connaissez-vous dans le Tarn des lieux publics qui portent son nom ?

Oublié dans le Tarn et à Roquecourbe pendant longtemps, une plaque a été apposée depuis quelques jours (en juin 2005) sur la maison où il vit le jour afin que les passants  se souviennent....

Jean Jaurès, né à Castres en 1859, reçu à l'agrégation de philosophie après de brillantes études, il enseigne à Albi puis à la faculté de lettres de Toulouse. Brillant orateur, il est attiré par la vie politique et devient député en 1885 dans la circonscription de Castres (où il est battu en 1889). Dès le début des années 1890, le Républicain s'approche du socialisme et défend les mineurs de Carmaux. Principal adversaire du marquis de Solages, il  est élu député dans le nord du Tarn en 1893, réélu en 1902, en 1906, en 1910, en 1914 mais battu en 1898. Rôle politique local mais aussi national ; en 1903 il est vice-président de la Chambre et appuie le gouvernement Combes. Il joue un rôle important dans l'élaboration de la loi de séparation du 9 décembre 1905. La même année, il contribue à la naissance de la SFIO.

S'opposant à la guerre, il est assassiné le 31 juillet 1914.  Sa popularité n'a cessé de progresser ; image d'un martyr puis d'un visionnaire dans plusieurs domaines...

Le contexte est totalement différent du personnage précédent puisque Jaurès était connu et reconnu dans le Tarn pour les nombreuses causes qu'il défendait.

On ne compte plus dans le Tarn les lieux publics en son honneur et vous pouvez aller à la rencontre des mineurs retraités de Carmaux ; ils vous conteront des histoires, des anecdotes sur Jaurès....

Comment évoquer les évènements de la période sans prononcer le nom de Jean Jaurès ?

Il semblait assez judicieux d'approcher le concept de Séparation des Eglises et de l'Etat en commençant par l'article de Jaurès dans la Dépêche le 15 août 1904. Introduction idéale puisqu'il explique les fondements de la Séparation et son inéluctabilité.

Quels sont les arguments du tribun tarnais ?

La presse de droite et ses lecteurs pensent que la Séparation est impossible ; c'est une atteinte à la liberté religieuse. Jaurès l'estime inévitable en raison des faits avérés depuis les élections législatives de 1902. La présence du Bloc des gauches a ravivé la querelle religieuse ; certains ecclésiastiques résistent à la loi sur les congrégations, des évêques protestent et Pie X s'oppose à la France. Le Saint-Père, représentant du pouvoir spirituel, outrepasse son rôle et s'immisce dans le temporel. Face aux assauts ecclésiastiques, le Concordat de 1801 n'a plus de raison d'être.

Les élections municipales et cantonales de 1904 revêtent une importance capitale pour l'application des lois laïques votées par le parlement. Aux municipales du 1er mai, la gauche progresse avec le glissement de villes comme Paris et Toulouse. Dans le Tarn, elle se renforce dans des bastions déjà acquis comme Albi avec Edouard Andrieu, Carmaux avec Jean-Baptiste Calvignac et gagne certaines communes du sud comme Dourgne et les Cammazes. Les cantonales du 31 juillet, quelques jours seulement après la loi du 7 juillet interdisant aux congrégations d'enseigner, confortent l'ancrage à gauche : le nouveau conseil général tarnais a 25 conseillers de gauche sur 36 ! Ces résultats confirment-ils l'adhésion de la majorité des Tarnais à la politique anticléricale du début du XXe siècle ? Pour Jean Jaurès, 1904 est une année de transition et de tension qu'il convient d'apaiser grâce à la Séparation des Eglises et de l'Etat.

La laïcité est un concept qui progresse sous la IIIe République, des lois Jules Ferry à la Séparation des Eglises et de l'Etat.  L'idée de séparation est en germe dès les années 1880 mais les Républicains pensent que c'est encore prématuré. Les lois Ferry et la loi Goblet de 1886 entraînent une première période de  tension entre catholiques et anticléricaux tarnais. C'est l'usage du "manuel d'Instruction civique et morale" rédigé par le député républicain Gabriel Compayré qui met le feu aux poudres ; le conflit dure de 1882 à 1884, semblable à une guerre civile. La rancoeur des Tarnais contre les lois Ferry se reporte sur le manuel Compayré.  Que lui reproche-t-on ? Un des personnages du manuel affirme que le plus important lors d'un mariage est le passage à la mairie et non à l'Eglise. Le clergé réagit très vite, rejète l'ouvrage et menace les parents de refuser l'accés à la première communion pour leurs enfants.  En décembre 1882, la Congrégation de l'Index à Rome condamne quatre manuels de morale républicaine dont celui de Compayré ce qui conforte certains membres du clergé dans leur hostilité. A partir de 1884, la tension retombe peu à peu dans le département comme sur l'ensemble du territoire.

Une deuxième période de tension entre cléricaux et  anticléricaux s'amorce dès le début du XXe siècle. Dans la loi Waldeck-Rousseau sur les associations en 1901, l'article 13 est dirigé contre les congrégations religieuses ; il précise qu'elles ne peuvent se former sans autorisation législative et que les membres non autorisés n'ont pas le droit d'enseigner. Son successeur Emile Combes, né à Roquecourbe, prend des mesures radicales en faisant fermer en juin 1902 les écoles créées depuis la loi de 1901 et celles qui n'ont pas demandé d'autorisation puis la loi du 7 juillet 1904 interdit tout enseignement congréganiste.

Faut-il penser comme l'affirme Jaurès dans le titre que la Séparation est inévitable, qu'il n'y a pas d'autre issue ?

Outre le fait que Jean Jaurès et Emile Combes soient des Tarnais,3quelles sont les particularités du département à l'approche de la Séparation ? Comment les Tarnais se sont-ils comportés : comme les départements voisins, comme la majorité des Français  ou bien se sont-ils singularisés ?

Après 1905, rien ne sera plus comme avant dans le Tarn (dans le domaine religieux mais aussi politique et social) ou bien les habitudes et moeurs reprennent...  ?

 

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