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Document 5 : Lettre pastorale de Monseigneur Mignot au clergé et aux fidèles de son diocèse (28 février 1906)

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Identification du document (II V 30)

Lettre pastorale de Monseigneur l'archevêque d'Albi au clergé et aux fidèles de son diocèse prescrivant une quête diocésaine pour les traitements du clergé.
Le 28 février 1906
Une quête diocésaine pour les traitements du clergé doit être établie conformément à l'article 11 de la loi de la Séparation des Eglises et de l'Etat du 9 décembre 1905.

Analyse

Après les formules d'usage, Monseigneur Mignot s'adresse au clergé et aux fidèles en montrant son hostilité à la loi avec les expressions "Profonde tristesse" et "un malheur pour la France". Il accuse ceux qui sont au pouvoir c'est à dire le Bloc des gauches qu'il qualifie de "secte anti-religieuse". Les radicaux sont au pouvoir depuis 1899 et développent un virulent militantisme anticlérical.
Monseigneur Mignot cherche à culpabiliser les fidèles en faisant usage de possessifs "vos" députés et" vos" sénateurs, considérant qu'ils ont été élus par les Français. Il condamne unanimement la classe politique. L'archevêque prend un ton très solennel pour signaler la gravité de la situation. Selon Maurice Larkin, la suppression des salaires du clergé était le problème le plus brûlant de la loi de Séparation.1 Les fidèles se sentaient concernés à plus d'un titre ; moralement ils devaient accepter la Séparation et matériellement ils étaient sollicités pour financer les membres du clergé et les locaux.
Quel est le contenu de l'article 11 concernant le salaire du clergé ?

L'Etat s'engage à verser une pension égale aux trois quart de leur salaire pour les plus de 60 ans, ayant 30 ans d'ancienneté puis pour les plus de 45 ans une pension égale à la moitié de leur traitement à condition d'avoir servi l'Eglise pendant 20 ans. Pour les autres, l'Etat doit leur verser pendant 4 ans une allocation égale à la totalité de leur traitement la première année, aux deux tiers pour la deuxième année, à la moitié pour la troisième et au tiers pour la quatrième. Dans les faits, cet article est ensuite adapté selon le bon vouloir de la municipalité. Pour le diocèse d'Albi, sur 556 prêtres en activité, à peine la moitié doit recevoir une pension et les autres une allocation pour quelques années seulement.
L'archevêque tire la sonnette d'alarme en suppliant les fidèles de rétribuer le clergé dans les plus brefs délais. S'ils ne participent pas, la paroisse s'expose à la disparition des offices, fait inconcevable pour les catholiques. Dans le dernier paragraphe Mgr Mignot demande à chaque famille catholique de verser 3 F pour 1000 F de revenus annuels. Il considère que c'est approximativement le salaire journalier au début du XXe siècle. Dans le Tarn, les salaires oscillent entre 2,80 F pour l'ouvrier des grilles aux mines de Carmaux ou l'ouvrier textile à Castres et 5,60 F pour le piqueur-boiseur à Camaux. Entre les deux, le salaire moyen est de 4 F , ce que gagne l'ouvrier chapelier d'Albi ou l'ouvrier mégissier de Graulhet.2 Dans la paroisse de Castres le nouvel archiprêtre Cazes propose, dans "le bulletin paroissial de Saint-Benoît" une cotisation de 8 F par ménage.3 Cette somme semble élevée mais l'ecclésiastique considère qu'elle englobe les frais occasionnés lors de tous les offices religieux y compris la location des chaises.

Intérêt du document

Outre l'effet psychologique de la loi de Séparation des Eglises et de l'Etat avec notamment des tensions dans certaines paroisses lors des inventaires, les fidèles doivent faire un effort financier dès 1906. Ils sont sollicités par leur archevêque directement afin de les sensibiliser. La somme demandée est relativement faible bien que la majorité des Français vive modestement. Cependant dans la réalité, la somme versée ne dépend pas des possibilités de la famille mais plutôt de son attachement au catholicisme.

Fiche pédagogique


“Aux familles catholiques de la paroisse Notre-Dame de Mazamet"


Vocabulaire :
- Quasimodo :  le premier dimanche après Pâques
- conseil de fabrique : assemblée de clercs et de laïcs chargés d'administrer les biens d'une église.
- associations cultuelles : associations conformes à la loi et destinée à subvenir aux frais d'un culte.


Questions :
1- Ce document est-il en accord avec la lettre pastorale de Monseigneur Mignot ?     

2- Quelles sont les 2 raisons essentielles de cette quête ?

3- Que pense le curé de Notre-Dame de la somme proposée par l'archevêque pour la quête ?

4 -Quels sont les arguments utilisés par le curé pour inciter les fidèles à donner ?

5 - Expliquez la dernière phrase, de "donnez....à France !"

 

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