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Document 9 : Rapport du commissariat d'Albi à propos de l'école congréganiste Sainte-Marie à Albi (7 juillet 1906)

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Identification du document (IV M  2 /96)


Rapport du Commissariat spécial d'Albi concernant l'établissement congréganiste Sainte-Marie d'Albi à Monsieur le Préfet du  Tarn
le 7 juillet 1906, deux ans après la suppression des congrégations et quelques mois après la Séparation des Eglises et de l'Etat, quelle est la fonction de l'établissement Sainte-Marie et quelle est la mission menée par son directeur Monsieur Cauquil ?

Analyse

Le présent rapport suspecte l'école Sainte-Marie d'être un foyer de propagande cléricale. Cet établissement a résisté aux lois anticléricales de 1904 et de 1905 ; doit-il cet état de fait à la protection de l'archevêque Monseigneur Mignot ?  Sans doute. Présentation de l'école : cet établissement d'enseignement secondaire a vu le jour en 1882 place Sainte-Cécile puis boulevard Carnot dès 1885. Les effectifs sont de 132 élèves en 1902 avec 21 professeurs et 115 élèves en 1906. Les rétributions scolaires sont de 500F pour les pensionnaires, 350F pour les demi-pension-naires et de 80 à 200F pour les externes selon l'âge.
– Le rapport de police s'intéresse aux activités de l'abbé Cauquil, directeur de l'établissement depuis le 18 juillet 1904, c'est à dire juste après la suppression des congrégations (7 juillet 1904). Natif de la commune d'Anglès, près de la Montagne Noire, contrée de grande ferveur religieuse et fief de la famille Reille, l'abbé Cauquil ne déroge pas à la règle. La population du sud-est du Tarn a mené diverses actions contre les lois anticléricales, sous la houlette de quelques curés et de la famille Reille, implantée dans l'arrondissement de Castres depuis les années 1870. 
– La famille Reille. Le baron Reille épouse la petite fille du maréchal Soult et s'installe à Saint-A-mans Soult au milieu du XIXe siècle. Très vite il se lance dans la politique, conseiller général d'abord puis député réélu à plusieurs reprises jusqu'à sa mort en 1898. C'est un conservateur, profondément catholique, défendant l'Eglise contre les projets de lois anticléricales. Il bénéficie d'une grande popularité dans l'ensemble du sud-est du Tarn mais aussi dans le nord en raison  du mariage de sa fille avec le marquis de Solages, propriétaire des mines de Carmaux. A sa mort en 1898, ses fils lui succèdent. Au début du XXe siècle, Amédée Reille est député de la circonscription de Mazamet et son frère Xavier de la circonscription de Castres. Dès la création de "l'Action Libérale Populaire" de Jacques Piou, ils y adhèrent en réaction à la loi du 2 juillet 1901 sur les associations rendant nécessaire une autorisation préalable pour ériger une congrégation. Ils mènent diverses actions pour protéger l'Eglise n'hésitant pas à occuper les écoles congréganistes en 1904  pour éviter leur fermeture et à occuper les églises lors des inventaires en 1906.
– L'abbé Cauquil a agi en faveur de formations cléricales comme les Jeunesses catholiques, Comités d'Action Libérale et la Ligue de l'Enseignement libre d'Albi qui existait en 1904 et dont la présidente est Mme de Toulouse-Lautrec. Le document révèle les activités politiques de l'abbé ; réactionnaire, il est présent dans le nord du département afin d'étendre la mouvance  reilliste et rencontre les familles qui défendent ardemment le catholicisme. Il semble être le cerveau d' un réseau clérical et conservateur, participant à l'écriture de divers journaux :
    - la Semaine religieuse du diocèse d'Albi, paraît tous les samedis depuis 1873 qu'il dirige
    - l'Echo de Saint-Salvy, de la paroisse de Saint-Salvy à Albi
    - le Semeur du Tarn, organe de la Jeunesse Catholique Tarnaise, paraît à partir du mois de mai 1905
    - la Gazette du Tarn, hebdomadaire, judiciaire et agricole, organe populaire d'Albi depuis 1902
    - la Croix du Tarn, hebdomadaire, paraît à partir de 1893 tous les dimanches

    - le Journal du Tarn.,bihebdomadaire, paraît depuis 1835, libéral

Intérêt du document

Protégé par l'archevêque, l'établissement congréganiste Sainte-Marie poursuit son enseignement sans être inquié-té et  se permet d'être un noyau d'idées réactionnaires. Les grandes familles catholiques s'y retrouvent  pour orga-niser des fêtes, des missions,  patronner des ouvroirs ou des clubs de sport : Madame de Toulouse-Lautrec, de Gorsse, Pailhès, Falgueyrettes (agent électoral du marquis de Solages), Frézouls, Gardès, de Berne....et le docu-ment cite même des  gradés militaires afin de montrer l'influence  sans limite de cet ecclésiastique.  

Fiche pédagogique

A partir du relevé des effectifs de 1890 à 1906 :

1 - Faire un graphique sur lequel vous construirez 2 courbes ; 1 courbe rouge pour les élèves et 1  courbe verte pour les adultes

2 - Etudiez chaque courbe : quelle est l'évolution ? Pourquoi ?
Les 2 courbes ont-elles la même allure ? Expliquez.

3 - Pour les adultes, quel est le changement opéré en 1904 ? Y-a-t-il des répercussions sur les effectifs ? Qu'en concluez-vous ?

 

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