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Glossaire

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Calendrier révolutionnaire : nouveau calendrier pour marquer la naissance de la République. L'an 1 débute donc le 22 septembre 1792.
Adopté le 5 octobre 1793, le calendrier révolutionnaire est composé de douze mois de 30 jours et de 5 jours complémentaires (plus un jour tous les quatre ans). Chaque mois est divisé en 3 décades. Le nom des mois fait référence aux saisons et à leurs particularités. Le calendrier est utilisé jusqu'en 1805 (an 14).

Canne : unité (variable) de longueur en Languedoc avant l'instauration du système métrique en avril 1795. Elle se divisait systématiquement en 8 pans (ou empans), le pan en 8 pouces et le pouce en 8 lignes.
On distingue 11 cannes différentes utilisées dans le territoire de l'actuel département du Tarn, allant de 1,768 m (canne de Graulhet) à 2,003 m (canne supposée de Montpellier).

Capitation : impôt direct lié à l'activité, créé en 1695, réparti en 22 catégories. Elle devait, en théorie, toucher toutes les classes sociales, prince de sang, soldat ou brassier. La capitation subsiste jusqu'à la Révolution française.

Chef de famille : titulaire de l'activité principale ou responsable de la famille. Une femme peut être chef de famille (ou chef de feu).

Commissaire : personne ayant une commission du roi (par lettre de commission) pour une mission révocable et limitée.

Communauté d'habitants : circonscription administrative et financière antérieure à la Révolution française (notamment pour la répartition de la taille, impôt sur les biens immobiliers, ou des aides, impôt sur les denrées). La communauté d'habitants est administrée par les consuls. La présence d'un maire à leur côté n'est pas générale et n'apparaît qu'au XVIIe siècle. La communauté est rattachée à un diocèse (civil).

Commune : circonscription administrative créée à la Révolution française. Au tout début de février 1790, on dénombre 380 communes dans le département du Tarn. Les limites des communes ne coïncident pas forcément avec celles de communautés d'habitants.

Compoix (ou cadastre ou allivrement...) : document fiscal (typiquement du Sud-Ouest) où sont énumérés, pour chaque propriétaire, ses biens situés dans la communauté. Une évaluation des revenus tirés de ces biens est effectuée afin de répartir l'impôt appelé la taille. C'est, jusqu'en 1695, le seul impôt direct, établi dans tout le royaume dès 1349. Elle n'a pas la même base au nord et au sud de la France, aussi parle-t-on de taille personnelle au-dessus de la Loire, et de taille réelle dans le Midi. La première impose la personne en fonction de sa qualité (les ordres privilégiés sont exemptés), la seconde est calculée sur les biens immobiliers (les biens mobiliers, le bétail, l'outil de travail sont enregistrés sur les compoix dits "cabalistes", souvent les plus anciens). En Languedoc, le montant de l'impôt est défini par les états provinciaux, qui le répartissent dans les circonscriptions financières (les diocèses civils formés de communautés d'habitants).

Conseiller du roi : sorte d'expert attaché aux affaires du royaume. Dans la réalité, c'est un titre honorifique, le conseil du roi étant limité à quelques personnes issues de la bourgeoisie sous le règne de Louis XIV qui avait écarté princes et grande noblesse.

Consul : magistrat municipal choisi ou élu par les habitants de la communauté ou par le seigneur local. Le mandat de consul est renouvelable tous les deux ans.

Consulat : ensemble des consuls de la communauté. Par extension, le consulat devient le territoire (administratif et fiscal) et la communauté d'habitants représentée par les consuls.

Déclaration royale : acte complémentaire à une ordonnance ou un édit, ou mesure provisoire.

Denier : voir Sou.

Dénombrement de la population : comptage, énumération, recensement des habitants.

Département : nouvelle division territoriale de la France créée en 1790. Les députés de notre région réussirent à persuader l'Assemblée nationale de constituer un département des trois diocèses d'Albi, Castres et Lavaur. Le département de l'Albigeois, appelé Tarn dès la fin du mois de février, était découpé en 5 districts (Albi, Castres, Gaillac, Lavaur et Lacaune, ce dernier étant supprimé en février 1800). Le nombre de cantons fut fixé à 48, puis à 51. La réforme administrative de 1926 ne conserve que 2 arrondissements par mesure d'économie : Albi et Castres.

Diocèse : circonscription religieuse essentielle de l'ancienne France. Les diocèses sont regroupés en provinces ecclésiastiques qui servent de cadre aux assemblées du clergé et aux conciles.
Le diocèse de Lavaur dépendait de la province (ou archevêché) de Toulouse ; ceux d'Albi et Castres, qui étaient intégrés dans la province de Bourges, furent rattachés à la province d'Albi créée en 1678.
Le diocèse joue également le rôle de circonscription civile, fiscale en particulier. Le département du Tarn fut formé en 1790 par la réunion des diocèses d'Albi, Castres et Lavaur.

Domestique : sens plus large que l'acception actuelle. Sous ce terme on comprend les employés de maison, mais aussi les apprentis et compagnons, les aides, les ouvriers agricoles.
Les contrats d'apprentissage précisent souvent, au XVIIIe siècle, que l'apprenti ne sera pas employé à des tâches domestiques.

Etats de la province de Languedoc : assemblée chargée des affaires de la province, notamment en matière fiscale. Chaque diocèse (civil) y est représenté.

Feu : le feu comprend l'ensemble des personnes vivant sous le même toit, autour d'un même feu ("vivant à même pot et même feu") : chef de famille, la famille, les habitués, les domestiques. Le feu, sous l'Ancien Régime, est la base fiscale. On recense les chefs de feu pour la répartition de la taille (impôt sur les biens fonciers) et de la capitation (impôt direct calculé en fonction de la qualité et de la profession).

Intendant : commissaire royal établi dans une généralité (circonscription financière) ou intendance.
La généralité apparaît au XVe siècle parallèlement aux cadres administratifs anciens.
La volonté de s'imposer et les besoins financiers conduisent le pouvoir royal à développer les missions des commissaires départis pour l'exécution des ordres du roi (futurs intendants) au XVIe siècle, et à créer de nouveaux offices.
Les intendants deviennent de véritables fonctionnaires en place à partir de 1637, et résident au chef-lieu de la généra-
lité. Les pouvoirs des intendants sont accrus vers 1680 et couvrent les domaines de la justice, de la police et des finances. Ce sont, en quelque sorte, des "super-préfets" régionaux.

Livre : ancienne monnaie de compte (fictive). La livre tournois comprend 20 sols tournois ou 240 deniers tournois (1 sol = 12 deniers). Il est nécessaire d'établir le rapport entre la monnaie de transaction et la monnaie réelle (billon ou vellon).

Maire : officier du seigneur dans une communauté d'habitants. Il représente le seigneur, il décide, juge et perçoit. La fonction, souvent réservée aux mêmes familles importantes du lieu, permet en contrepartie de bénéficier de franchises.  Dans notre région, le premier consul occupe ces fonctions. A partir du XVIIe siècle, il peut avoir à ses côtés un maire dont le statut fut modifié. Louis XIV créa des charges de maires à la nomination du roi. Le maire devait acheter son office.

Minute : écrit original d'un acte, la "grosse" (ou "expédition") étant une copie certifiée et authentique.

Paroisse :  cellule de base de l'organisation ecclésiastique. Elle correspond à la fois à une circonscription territoriale et à une communauté d'habitants ou paroissiens, confiés à la garde d'un curé. Ce dernier n'est pas seulement un pasteur, il sert souvent de relais au pouvoir royal dont il fait connaître les décisions. C'est souvent dans le cadre de la paroisse (à l'église) que s'organise la vie locale (administration, fiscalité, vie collective). La paroisse dépend d'un diocèse, sous l'autorité d'un évêque. Les limites des paroisses ne correspondent pas forcément à celles des communautés d'habitants.

Pisé : matériau de construction constitué de terre argileuse souvent moulée sur place.

Protestant : chrétien de l'Eglise réformée. Le protestantisme, né dans l'atmosphère de la Renaissance, est une remise en cause des structures ecclésiastiques (l'autorité du pape est contestée), des rites, que l'on estime inadaptés, et des dogmes (la Vierge, les saints).
D'abord hésitante sous François Ier, la lutte antiprotestante devient vigoureuse sous Henri II dès 1559, ouvrant une longue période de guerres de religion. L'édit de Nantes, en 1598, met fin aux persécutions (mais pas à la politique antiprotestante) jusqu'à l'édit de Fontainebleau qui révoque l'édit de tolérance en 1685. L'édit de 1787 redonne une existence légale aux réformés, sans toutefois évoquer la liberté religieuse.

Province du Languedoc : vaste circonscription territoriale (ancienne province romaine allant de la région toulousaine à la vallée du Rhône) réunie au royaume de France en 1271, mais conservant une autonomie de gestion (pays d'états).
La province conserve, après son rattachement, son unité politique, administrative, économique et culturelle. Le Languedoc est géré par une assemblée, les états provinciaux, qui répartit les impôts entre les 24 diocèses, chacun effectuant une répartition entre les communautés d'habitants.

Qualité : condition sociale, civile, juridique (noble, ecclésiastique, bourgeois...).

République : forme de gouvernement où le pouvoir n'est pas détenu par une seule personne, et dans lequel le chef de l'Etat n'a pas une charge héréditaire. La France bascule de la monarchie à la première République en septembre 1792 : le roi est remplacé depuis le 11 août par un conseil exécutif de six ministres. Après leur élection, les Conventionnels abolissent la royauté lors de leur première réunion, le 21 septembre.

Recensement de la population : dénombrement détaillé.

Sou (ou sol) : ancienne monnaie de compte française. Dans le compoix, par exemple, il s'agit de monnaie fictive désignant en réalité la quote-part à payer, le total des quotes-parts servant au calcul du montant réel de l'impôt. Livre, sou et denier sont complétés par maille, pogèze et pitte.

Taille : voir Compoix.

Votants : personnes ayant le droit de participer à une élection, expression d'un choix, d'une opinion.
La procédure des élections est peu démocratique à la Révolution, malgré la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen. En effet, seuls les citoyens dits "actifs" peuvent voter, c'est à dire ceux qui paient une contribution d'au moins 3 journées de travail. Les autres, dits "passifs", et les femmes, sont exclus du vote. Ces dernières n'obtiendront ce droit qu'à la fin de la seconde guerre mondiale.

                                        

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