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Les sources et leurs limites

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La connaissance de la population nécessite une prise de conscience de son intérêt et une organisation ayant la capacité de traiter les données. Cela suppose également une objectivité dans les enquêtes effectuées (certaines études du XVIIIe siècle sont à la frontière entre le domaine scientifique et le parti pris politique). A l'échelle de l'Histoire, la réunion de ces conditions est récente.

L'image de la population du territoire national est, jusqu'au milieu du XIXe siècle, inexacte, imprécise, puis s'améliore pour atteindre une définition satisfaisante en 1954. Ce constat, observé par les autorités mêmes, amène à s'interroger sur la qualité des sources et leur exploitation avant de se lancer dans une étude de démographie historique.

Les documents ont des limites qu'il faut cerner, autrement dit découvrir l'intention d'une pièce d'archives et décrire son contexte pour apprécier la qualité et l'étendue de l'information. Les éléments fournis par un document, même lorsqu'ils sont abondants et semblent suffisants, ne s'expliquent que par un environnement plus large, ne sont avérés que par un recoupement avec d'autres archives.

L'étude de la population embrasse des domaines très divers comme la statistique ou la sociologie. Le champ d'investigation définit les informations nécessaires dirigeant vers un type de sources approprié. Si les registres paroissiaux sont adaptés aux comptages des individus (catholiques), ils ne dessinent pas le cadre de vie, proposent une simple approche de l'activité professionnelle, quand elle apparaît.

Le document doit donc être étudié par rapport à sa fonction. A quoi est-il destiné ? Les rôles de taille sont, par exemple, utiles à une étude démographique, mais ils servent avant tout à enregistrer les personnes propriétaires sur un territoire limité, et le montant de la somme à acquitter. Cela amène deux remarques : les personnes n'ayant pas de bien sont absentes des rôles, les propriétaires ne résident pas obligatoirement dans le lieu des biens considérés. Les informations recueillies sont partielles, mais utiles à une étude de la population, comme tous les documents qui ont vocation à rassembler des renseignements sur un groupe plus ou moins important d'individus. Hormis les documents relatifs au dénombrement ou recensement de la population (dont il faut apprécier la valeur en fonction de l'époque des opérations), on peut citer les archives relatives à l'état civil (registres paroissiaux, registres d'état civil, tables décennales), la fiscalité (rôles de taille, registres de la capitation, compoix et cadastres, registres de la gabelle...), la sécurité intérieure et extérieure (registre de population, recrutement militaire, conseil de révision, registres des passeports...), le domaine politique (listes électorales)...

D'autres domaines proposent des informations d'un bon intérêt, mais dans un cadre plus réduit, ou concernant des situations ou des événements particuliers : la santé (registres des entrées et des sorties d'hôpitaux, statistiques des épidémies), l'activité économique (registres du commerce, registres du personnel...), les problèmes sociaux (rôles des pauvres, statistiques des grèves...).

Pour des raisons très diverses, nous sommes tous, à un moment ou à un autre, répertoriés. De l'état civil à la vente par correspondance en passant par la sécurité sociale ou les inscriptions scolaires, chaque personne laisse, dans les archives, des traces dont nous oublions parfois l'intérêt. Un simple annuaire téléphonique, par exemple, est une source extraordinairement riche d'enseignement sur la société locale.

 

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