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La place Ste-Cécile en 1849 : analyse et intérêt du document

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La forme

Signature, orientation : l’auteur du document est Jules de Lafigère de Lahondès (Albi, 18 juin 1830 – Toulouse, 10 juillet 1914), historien, président de la Société archéologique du Midi, il est aussi l’auteur de nombreux dessins au crayon, aquarelles et huiles, souvent consacrés à Albi.
On se trouve face à la place de la Pile avec, dans le dos, les maisons qui occupent l’entrée principale de l’église dédiée à Saint-Salvy. En effet, après 1350, les chanoines, afin de payer les frais d’un procès qui les oppose au chapitre de la cathédrale, établissent des habitations contre le portail occidental de l’église. Le niveau inférieur est loué à des marchands qui y installent leur boutique ; l’étage est réservé pour l’habitation des chanoines. De nos jours, les habitants de ces maisons possèdent dans leur intérieur des éléments du portail.
Support : carte postale colorée.
Dates extrêmes : la carte postale a été dessinée dans la première moitié du XXème siècle, sans doute vers 1904, après les travaux de dégagement de la place.

Commentaire

Eléments à remarquer :
On voit sur la gauche deux personnages qui semblent transporter des sacs de grains ou de farine. On peut supposer qu’ils se rendent à la pile afin d’évaluer la quantité de leur production. Le consulat perçoit alors un droit de mesurage.
Au-dessus de la maison centrale, on aperçoit un peu de fumée s’échappant d’une cheminée. L’enduit recouvrant parfois les colombages des maisons protégeaient ces dernières des incendies. On ne trouve quasiment aucune mention d’incendie important dans la ville avant celui du Patus Crémat (5 novembre 1643), petit quartier près des remparts qui a reçu son nom après la catastrophe.
On remarque que la plupart des maisons possèdent des avancées qui surplombent la rue : le prix des terrains étant élevés, c’était un moyen de gagner en surface.
Au bout de la rue Sainte-Cécile qui s’ouvre à droite, on aperçoit une porte de la cathédrale, la porte Dominique de Florence, édifiée pour l’évêque du même nom entre 1394 et 1410. On remarque aussi le baldaquin, élevé sous l’épiscopat de Louis I d’Amboise (1474-1503).
Enfin, cette vue de la cathédrale est différente de celle que nous pouvons avoir actuellement : en effet, la carte postale nous permet de distinguer la toiture de l’édifice. Or, les travaux de réfection, confiés à partir de 1849 à l’architecte César Daly, ont entraîné la surélévation des murs, au-dessus des gargouilles ; la toiture n’est donc plus visible aujourd’hui  à voir sur place : les briques situés au-dessus des gargouilles sont plus claires que celles situées en dessous.
Après avoir remarqué les différents usagers de la place qui semble s’adonner au commerce, on s’approchera de la partie droite de la carte postale. On y distingue deux personnages qui discutent devant un étal. Ce dernier fait partie d’un « obrador » (ouvroir). Les ouvroirs, ou boutiques, étaient situés au rez-de-chaussée des maisons d’artisans ou de marchands ; la table (« taulas ») qui sert d’étal permettait d’exposer la marchandise ou d’opérer des transactions.

 

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