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La place Sainte-Cécile : approche du document et de son contexte

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Extrait du plan Laroche, 1778

Ce document est intitulé « La Place Ste-Cécile ». Pourtant, au XIXème siècle, la place qui est représentée sur cette carte postale porte le nom de place de la Pile ou place aux Herbes.
En effet, la place Sainte-Cécile telle que nous la connaissons aujourd’hui n’existe pas encore en 1850.

La partie originelle de la place (environ 1/6ème de la place actuelle) était située entre la route qui longe l’enceinte Est du palais de la Berbie et rejoint le Pont Vieux et le débouché des rues Saint-Julien, Mariès et Sainte-Cécile.
La partie de la place actuelle qui se situe entre la route ci-dessus indiquée et la cathédrale était occupée par des maisons (voir le document).

La place est le cœur de la cité médiévale, centre économique et religieux mais aussi politique.

Elle porte le nom de Pile en référence à la pile qui était une mesure en forme d’auge en pierre servant à évaluer les quantités de grains ou de liquides. L’expression parfois utilisée de place aux Herbes vient du fait qu’à l’époque, les herbes désignent en général les légumes vendus sur le marché.
Tout près de la place se trouve un ensemble d’équipement collectifs : le salin, le poids de la farine, la boucherie (« lo mazel »). Quant aux noms des rues entourant Saint-Salvy, ils ne sont pas sans rappeler les différentes activités artisanales et commerciales : « la Pelissaria » (de pélissier, celui qui travaille les peaux), « la Cotelaria » (de coutelier), « la Sabataria » (de sabotier), « la Pairolaria » (de chaudronnier), « la Porcaria » (de charcutier), « la Galinaria » (de volailler »), etc.

La première pierre de la cathédrale est posée par l’évêque Bernard de Castanet le 15 août 1282 et le chantier du gros œuvre se poursuit jusqu’en 1392 (le clocher est achevé en 1492, les peintures de la voûte en 1514). Il s’agit pour l’évêque de montrer sa puissance après la guerre contre l’hérésie albigeoise.
En se rendant vers les jardins de la Berbie, on peut encore apercevoir des vestiges de l’ancienne cathédrale romane, définitivement rasée au XVIème siècle.
La présence religieuse se fait ressentir sur la place d’autant plus que celle-ci se trouve entre la collégiale Saint-Salvy, l’église de Sainte-Martianne et la cathédrale. Les processions religieuses passent donc nécessairement par la place.

La place a aussi un aspect politique et judiciaire : en premier lieu, c’est là que s’élaborent la rumeur et l’opinion publique.
La place se situe entre le palais de la Berbie, où siège la cour temporelle de l’évêque, et la cour royale, établie vers 1250 à côté de Saint-Salvy. En 1602, c’est près de la pile qu’est planté le pilori, ou pilier de justice, sur lequel les voleurs étaient exposés.
Par ailleurs, la maison consulaire se tient à proximité, près de l’église Saint-Julien (jusqu’au XVIIIème siècle).

De 1850 à 1902 se tient le plus grand chantier d’Albi au XIXème siècle. En même temps que les travaux de restauration de la cathédrale, on entreprend le dégagement de la place de la Pile. Entre 1868 et 1880, la ville achète les maisons qui entourent la place et les fait détruire. Ainsi, la cathédrale apparaît sur une vaste place, largement dégagée : la place Sainte-Cécile.

 

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