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Constructions sur le Pont Vieux : approche des documents et de leurs contextes.

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Le pont d’Albi n’a pas porté de nombreuses constructions au cours du Moyen Age. Il était cependant défendu par une tour (environ XIIIème siècle mais certifiée pour les années 1360). Cette tour se confondait peut-être avec la porte de Notre-Dame qui se dressait sur le cinquième pilier à partir de la ville : là passait la frontière des sénéchaussées de Toulouse et de Carcassonne, qui fut aussi la limite (de 1229 à 1249) entre le domaine royal et celui de Raymond VII, comte de Toulouse. Les vestiges de cette porte de Notre-Dame furent démolis en 1653.

 

On l’a vu précédemment, dès le XIIIème siècle, on trouvait sur le Pont Vieux, au niveau de la porte du Tarn, une logette (« ganiela ») où s’abritait le collecteur du péage. Il y avait au même niveau des cabinets d’usage public (« privadas »), comme on pouvait en trouver sur tous les ponts médiévaux, en raison des facilités d’évacuation.

 

A la fin du XIVème siècle, le pont d’Albi porte également une maison. En 1404, les consuls constatent « que si l’on bâtissait des maisons ou des ateliers sur les piliers du pont, il en serait plus sûr ». En effet, des maisons chevauchant la voie pouvaient former des portes faciles à défendre. Vers 1520 cependant, le pont ne compte que deux maisons ; il faut attendre la fin du XVIème siècle pour qu’il en soit couvert.

 

A la suite de la crue de l’automne 1766, la ville entreprend de racheter les maisons du pont pour les détruire afin de mieux procéder aux réparations rendues nécessaires par les dégâts consécutifs à la montée du Tarn. L’épais dossier qui découle de ces procédures (AD81, 4 EDT DD 31) permet de se faire une idée des maisons du Pont Vieux.

 

A cette époque, il en existe cinq (les troisième et septième piliers à partir de la ville n’en portent pas). Toutes les maisons possédaient un étage qui chevauchait la rue (certaines en comportaient deux). Elles reposaient sur un plancher de madriers posés en travers des becs et soutenus par des étais obliques (ou jambes de force), s’appuyant eux-mêmes contre le flanc des piles.

Quatre boutiques ouvertes sur la rue par une arcade occupaient le rez-de-chaussée de la maison du second pilier ; on en trouvait deux aux premier, quatrième et sixième piliers, une au cinquième.

Certaines maisons avaient des caves, ouvertes dans les évidements des piles et des voûtes. La surface de chaque maison oscillait entre 62 et 82 mètres carrés (20 à 28 cannes carrées, voir le document 5).

Les maisons étaient à colombages et couvertes de tuiles canal. Chaque habitation possédait au moins une cheminée.

 

En 1762, onze familles se partagent les maisons du pont, en général des petites gens : des tanneurs de petits cuirs (blanchers), des cordonniers, un faiseur de peigne, une marchande de fruits, etc.

 

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