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Procès-verbal de l'assemblée des Etats de la province du Languedoc, 1599 : analyse et intérêt du document

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La forme

Signature : le document est rédigé par le greffier de l’assemblée des Etats.
Description : nous sommes en pleine assemblée des Etats du Languedoc, présidée par l’évêque de Lodève, à Pézenas. L’extrait issu des délibérations est un rapport établi en vue de trouver un moyen de relever l’économie de l’Albigeois après la crise du pastel.
Support : cahier in-folio de 49 feuillets papier.
Dates extrêmes : 22 avril au 29 mai 1599.

Commentaire

Le pastel est en crise car il coûte moins cher de faire venir de l’indigo depuis, notamment, les colonies américaines ou l’Extrême Orient, que de payer les subsides qui taxent le pastel de la métropole. Aussi, les représentants du Lauragais et de l’Albigeois, avec le sieur Gante, capitoul, à leur tête, demandent aux commissaires royaux venus à l’assemblée des Etats du Languedoc de faire parvenir leur requête au roi, Henri IV à l’époque.
Ils souhaitent faire interdire l’entrée des « pastels estrangers » en France, prétextant que le pastel français est suffisant pour subvenir aux besoins des teinturiers.

Au XVIème siècle encore, le pastel assure la fortune de nombreux marchands albigeois (familles Reynès, Aussaguel, Fontvieille, etc.). Albi expédie son pastel en Limousin, en Berry, dans la région de Lyon ou en Auvergne, par voie de terre ; descendant l’Allier et la Loire, il gagne parfois Orléans et Paris.
L’axe principal d’exportation reste cependant le Tarn : les charges sont transportées par charrettes jusqu’à Gaillac, Lisle ou Montauban et, de là, gagnent Bordeaux pour être embarquées sur des navires de haute mer et parvenir jusqu’en Flandre (Anvers, Calais, Boulogne, etc.). En 1547, par exemple, Antoine Aussaguel expédie 900 balles, soit 73 tonnes et demie de pastel, par cette voie.

Malheureusement pour Albi, les guerres de Religion entraînent une chute spectaculaire des exportations à la fin du XVIème siècle. Le pastel, on l’a vu, subit la lourde concurrence de l’indigo et, en outre, des fraudes dans la préparation et le peu de soin pris par les gens à l’égard de cette culture exigeante, ruinent la réputation du pays de cocagne.
Même si la production est encore règlementée en 1699, elle a fortement diminué : ainsi, les moulins à pastel passent de 300 en 1669 à 60 en 1701.

La production du pastel en coques ne disparaît pas pour autant et, en 1810, le dénommé Rouquès parvient à implanter à Albi une indigoterie où on extrayait « l’indigo-pastel », dont les qualités furent reconnues équivalentes à celles de l’indigo exotique. Mais Rouquès ne peut maintenir son activité et finit ruiné en 1823.

 

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