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Jugement de Bernard Gantet, de Teillet, par le prévôt des maréchaux du diocèse d'Albi, 25 février 1531 (Arch. du Tarn, 4 EDT FF 83).

 

La nuit de la Sainte-Lucie 1530 à Montredon-Labessonnié : sordide et sanglante équipée ; son prompt châtiment

 

Contexte historique

La fête de la Sainte-Lucie (13 décembre) 1530 fut en effet fort agitée dans le nord dans l’immense communauté de Montredon-Labessonnié. Une bande de mauvais garçons formée de Bernard Gantet, charpentier de Teillet, Antoine Biro, Antoine Barrau, Berthomieu Birot dit Birotel et un nommé Miquelon dit Gordiman fut envoyée, contre récompense, par Antoine Matet, prêtre de la paroisse de Salclas, donner une correction à deux membres de la famille Eralh de La Bazinié (ceux-ci s’étaient moqué de lui parce qu’ils l’avaient trouvé seul avec Astrugue Mons, épouse de Guillaume Eralh), puis alla de logis en logis (à Savin, au mas de Magadès, dans la commune de Saint-Pierre-de-Trivisy, au mas de Paulhe), boire forces chopines, pour finir en pleine nuit au mas de La Bazinié  où habitait Guillaume Eralh et sa femme, Astrugue Mons, qu’ils espéraient peu farouche puisqu’elle « fréquentait » un prêtre. Pendant que le mari est sommé d’aller tirer du vin, les mauvais garçons veulent abuser de l’épouse. Celle-ci crie au secours, le mari revient : celui-ci est tellement battu qu’il se retrouve par terre sans doute inconscient, et la femme est rudement battue « à grans coups que luy donnarent des pomeaulx de leurs spées et à grandes platissades » et attirée à quelque distance pour être violée par toute la bande. Quelques jours après, le mari meurt de ses blessures (on apprend des interrogatoires qu’il était excommunié, mais on ne sait pourquoi). Le jugement nous apprend que c’est sur la plainte de la veuve, victime du viol, et de son fils – il leur a sans doute fallu une bonne dose de courage et le soutien de leurs proches – que le prévôt intervient. Les interrogatoires commencent le 23 février suivant et le jugement est rendu le 25. Le prévôt est compétent, et non les juridictions ordinaires, parce que les coupables sont d’anciens soldats débandés « vaguebundant pour le pays, mangier la poele sur le peuvre peuble, faisant semblant de aller à la guerre au service du roy ».

On verra par le jugement ci-dessous combien la justice du prévôt des maréchaux est expéditive, sévère et compte sur l’exemplarité des châtiments. En savoir plus

 

Remarques paléographiques

L’écriture est une cursive gothique typique des greffiers de cette époque. On remarquera les s finaux en forme de sigma, les attaques obliques relativement discrètes des a, des q et de l’abréviation de la syllabe con-, en forme de 9.

 

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