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Concours national de la Résistance et de la Déportation 2016-2017

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"La négation de l'Homme dans l'univers concentrationnaire nazi"

En référence au thème choisi pour l’édition 2017 du CNRD et au dossier préparatoire de la Fondation pour la mémoire de la Déportation, le service éducatif a sélectionné des documents extraits des fonds conservés aux Archives départementales susceptibles d’enrichir les travaux d’études des candidats au CNRD.

Aux origines du mal : la doctrine nationale-socialiste

L’idéologie nazie repose sur deux principes fondamentaux : le totalitarisme politique n’autorisant aucune coexistence avec un autre parti politique et le racisme le plus absolu opposant la « race aryenne », considérée comme la plus parfaite, aux « races inférieures » générant d’abord de l’intolérance puis des exécutions massives.

 

 

 

Dans sa lettre de démission au secrétaire général de la Société des Nations, le 27 décembre 1935, James G. McDonald, Haut-Commissaire pour les réfugiés provenant d’Allemagne, tente d’alerter « l’opinion du monde » en dénonçant

« L’attitude du Gouvernement allemand basée non seulement sur la théorie de la suprématie de la « race nordique », et sur le désir d’éliminer de la vie du pays tout élément appartenant  à « une race étrangère », mais [aussi] sur la conception de la subordination de l’individu à l’Etat ».

 

 

La négation de l’homme est au cœur de l’idéologie nazie, c’est « un fait d’importance primordiale [qui] s’impose à l’attention de la communauté des Etats » et ce, dès 1935.

 « Plus d’un demi-million d’êtres humains sont voués à l’anéantissement pour l’unique raison qu’ils ne sont pas ce que les nationaux-socialistes appellent « nordiques ». Ils ne peuvent se soustraire à ce sort par un acte de volonté ; car le fait d’être « non-aryen » ne peut ni être changé ni perdre son effet ».


Dans sa lettre de démission, James G. McDonald dénonce la ségrégation et les persécutions à l’égard des Juifs et évoquent la volonté des nazis de les exterminer :

« Les Juifs et les « non-Aryens » sont impitoyablement exclus de toutes les fonctions publiques, de l’exercice des professions libérales et de toute activité dans la vie culturelle et intellectuelle de l’Allemagne. Il leur est interdit d’avoir des relations sociales avec les « aryens », et ils sont soumis à toutes sortes d’humiliations. Ces mesures discriminatoires sont appliquées sans tenir compte de l’âge et du sexe. Même les enfants, juifs et « non aryens », n’échappent pas à des mesures cruelles de ségrégation et de persécution. Dans des publications paraissant sous l’égide du Gouvernement, les enfants « aryens » sont incités à haïr les Juifs et les Chrétiens « non aryens », à les espionner, à les attaquer, et à pousser leurs propres parents à exterminer complétement les Juifs ».

 

 

Alors que les nazis et les régimes ralliés aux idées du national-socialisme, comme le régime de Vichy, ôtent leur droits fondamentaux à ceux qu’ils qualifient comme « non-aryens », d’autres en appellent « au genre humain » pour faire valoir la « morale humaine qui impose des devoirs et reconnait des droits ». L’année 1942 est marquée par les premiers convois de déportations de Juifs de France. Le 8 août 1942, un convoi de Juifs étrangers, formé de malades, de vieillards et d'infirmes, quitte à pied le camp du Récébédou, près de Toulouse, et gagne la gare voisine de Portet-Saint-Simon où l'attend un train de onze wagons en direction de Drancy. Un deuxième convoi est formé le 10 août dans des conditions aussi tragiques que le premier. Alerté sur ces faits, le dimanche 23 août 1942, Monseigneur Saliège, archevêque de Toulouse, fait lire dans la plupart des églises du diocèse une lettre de protestation intitulée « Sur la personne humaine », dans laquelle il rappelle que

" les Juifs sont des hommes, les Juives sont des femmes. Les étrangers sont des hommes, les étrangères sont des femmes. Tout n’est pas permis contre eux, contre ces hommes et contre ces femmes, contre ces pères et mères de famille. Ils font partie du genre humain. »

La négation de l’homme dans les camps nazis

Sur la vie dans les camps, nous souhaitons attirer l'attention des candidats au CNRD sur le fonds d’archives déposé par Anny Malroux, fille d’Augustin Malroux mort au camp de Bergen-Belsen en avril 1945. Les documents concernant le camp, sont variés. Y figurent : des relevés effectués aux Archives nationales sur les conditions de vie des déportés, des notes manuscrites ou dactylographiées sur le camp de Bergen-Belsen, des copies de lettres de survivants, des coupures de presse, des extraits d’ouvrages sur les camps nazis, etc .

Parmi les lettres, à signaler, la copie d’une lettre, non datée, écrite par Simone Veil (AD81, 159 J 35, extrait):

« Je peux seulement vous apporter quelques précisions sur la situation à Bergen-Belsen dans les premiers mois de 1945. Des milliers de déportés - ce fut d’ailleurs mon cas -  y ont été transférés venant de tous les camps évacués par suite de l’avance des Alliés. Aussi la situation y était-elle particulièrement  épouvantable : épidémie de typhus, la faim, la soif, le dénuement le plus total ont entrainé la mort de beaucoup d’entre nous sans avoir besoin des chambre à gaz. La plupart des morts ont été jetés chaque jour sur le charnier sans être identifiés.

Lorsque les soldats anglais ont libérés le camp, au mois d’avril, les corps qui n’avaient pas été jetés dans les fosses communes ou brûlés, ont été enterrés en vrac, ensuite tout le camp a été brûlé au lance-flamme pour lutter contre les épidémies. »

Plan du camp de Bergen-Belsen

Yves Léon témoigne lui aussi des conditions inhumaines dans lesquelles il s’est retrouvé à Bergen-Belsen et lui aussi évoque la libération (extrait) :


« Je peux simplement vous dire qu’ils sont morts comme tous les autres camarades (des milliers), comme on mourrait à Bergen-Belsen, c’est-à-dire dans des conditions atroces, encore plus que dans les autres camps. Car B.B. n’était pas un camp comme les autres.(…) La durée moyenne de vie était de trois semaines à un mois, ce qui explique que même sans pendaison collective, sans chambre à gaz, c’est le camp où il y eut le plus de mortalité. Les conditions dans lesquelles nous avons vécu dans ce camp sont indescriptibles et impossible à imaginer pour ceux qui n’y sont pas allés.
(…)
Un film « Mémoire meurtrie » que j’ai vu tourner par les libérateurs anglais en avril 1945 » (…) montre très bien B. Belsen, mais les vues concernent surtout le camp femmes ».


« Mémoire meurtrie » (« Memory of the Camps » dans sa version originale) est un documentaire de Sydney Bernstein, caméraman de l'armée britannique chargé de réaliser un film sur la libération du camp de Bergen-Belsen en 1945.
Ce film dont certaines images peuvent choquer est accessible en ligne.

 

 

Autre fonds d’archives sur lequel nous souhaitons attirer l’attention des candidats au CNRD , celui du correspondant départemental de la Commission d'Histoire de la Guerre 1939-1945 (AD 81, 52 J). S’y trouvent, en effet, des documents relatifs à une exposition sur "La Résistance et la déportation dans le Tarn" réalisée en 1965 à Albi par Emile Saulières, correspondant pour le Tarn, du Comité d'histoire de la deuxième guerre mondiale. Nous vous proposons de consulter en format PDF un document préparatoire de cette exposition. Les documents 1 à 97 figurent dans le dossier sous forme de photos essentiellement au format 20,5 x 27, 5 cm (document 15 manquant) et sont consultables aux Archives.

 

 

Dernière ressource mise à disposition des candidats : une bibliographie composée d'ouvrages consultables aux Archives départementales du Tarn.

Note à l’attention des enseignants

Tous les documents mentionnés sont accessibles en salle de lecture (inscription individuelle gratuite obligatoire). Si vous souhaitez, une séance de travail en groupe ou un accompagnement spécifique de vos élèves, merci de contacter  :

Aude Michaud ou Stéphanie Corso
Médiatrices culturelles
05.63.36.21.00
archives.service-educatif(at)tarn.fr

 

 

Mise à jour le 18 mai 2017

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