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Etat des affaires de la ville d'Albi, 1614-1615, notamment sur la défense de la cité (Arch. du Tarn, 4 EDT BB 29, f°386)

 

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Contexte :

L’édit de tolérance signé à Nantes en 1598 ne met pas fin à la guerre civile entre catholiques et protestants. Après l’assassinat d’Henri IV, les troubles secouent de nouveau le Midi. Devant l’insécurité, les villes renforcent la surveillance, alourdissant les charges de la communauté qui emprunte et s’endette. Albi, ville catholique, était un des centres actifs de la Ligue, regroupant les catholiques les moins tolérants qui s’étaient opposés à l’accession au trône d’Henri de Navarre. L’édit d’Alès du 28 juin 1629 supprime les libertés politiques des réformés, ordonne la destruction des places fortes protestantes comme Castres, Sorèze, Saint-Paul-Cap-de-Joux, Damiatte, Puylaurens, Briatexte ou encore Réalmont.   

 

Analyse de l’écriture :

Le document est un compte-rendu de délibération municipale, rédigé avec soin. L’écriture est régulière, maîtrisée, avec parfois un geste ample, en début de paragraphe (ligne 1, Estat, ligne 22, Après) mais aussi à l’intérieur du texte (ligne 1, la ville, ligne 9, contagion). Les mots sont, dans l’ensemble, bien détachés. L’orthographe correspond à la période, avec les lettres supplémentaires comme le c, le s ou encore le g (ligne 1, estat, ligne 7, faict, ligne 16, soing, ligne 25, évesque) rappelant, parfois, l’étymologie latine. Cependant l’orthographe, pas encore fixée, reste approximative, et un même mot peut être écrit de plusieurs façons dans un même texte.

Lorsque nous écrivons, nous revenons sur la ligne d’écriture à chaque lettre, ce qui n’est pas le cas à l’époque de ce document. Les ligatures s’appuient sur la fin de la lettre précédente, dessinée parfois dans un sens inverse à ce que nous faisons. La lettre e est réduite à deux traits arrondis, le rédacteur terminant par celui du haut, servant de liaison avec la lettre suivante (ligne 6, remertié). Si l’on se reporte à la ligne 12, l’analyse des mots très chrestien montre que la barre du t sert d’appui au r qui suit, le c est tracé en deux fois, une boucle descendant sur la ligne, puis un trait horizontal qui sert au tracé du r, la fin du r servant au premier trait inférieur du e, le second servant au départ du s. Une même lettre peut avoir des tracés différents comme le r (ligne 7, avoir remertié) ou le s, notamment le s final particulier (ligne 1, estat, ligne 5, successeurs, ligne 8, maladies). Les lettres n, u et v ont un tracé assez proche, même si le n semble plus anguleux (ligne 24, gouverneur). Le s et le z sont employés indifféremment (ligne 9, contagieuze, ligne 20, dézire). Il en est de même pour le i et le y (ligne 14, moien, ligne 16, amytié).

On note la présence d’abréviations  souvent signalées par un trait montant (ligne 12, n[ot]re, treitzie[me].    
 
Glossaire :

Arvout (ou arvolt) : voûte, arcade

Balouard : grosse tour ronde ou terre-plein en avant du rempart et le défendant, pouvant accueillir des canons

Courtine : muraille reliant deux tours

Gabion : panier fait de branchages entrelacés, rempli de terre ou de cailloux, servant de protection lors d’un siège

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