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CNRD 2018-2019 : "Répressions et déportations en France et en Europe, 1939-1945. Espaces et histoire »

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Sur la prison de Castres :

16 septembre 2013, 70ème anniversaire de l'évasion spectaculaire de la prison de Castres, une exposition de Jonny Granzow  réalisée avec le soutien l’Institut Tarnais d’Histoire Sociale(ITHS). Composée de 22 panneaux, elle peut être empruntée gratuitement sur demande adressée au service éducatif (archives.service-educatif(at)tarn.fr).

Jonny Granzow a donné une conférence aux Archives le 10 octobre 2014. L’enregistrement est accessible aux Archives départementales du Tarn. Contacter préalablement Céline Della-Savia, responsable des archives audiovisuelles au 05.63.36.21.00.

 

Le service éducatif propose des ateliers sur ces lieux d'internement. Les documents d'archives exploités, en particulier les dossiers d'internés, permettent d'aborder les causes d'internement et les conditions de vie dans ces camps et prison.

Si vous souhaitez programmer un atelier aux Archives départementales, contactez le service éducatif au 05.63.36.21.00 ou par mail archives.service-educatif(at)tarn.fr

 

 

Pages archivées :

- CNRD 2017-2018

- CNRD 2016-2017

- CNRD 2015-2016

 

 

 

 

 

 

 

Baraque 21 : nom de code de la prison de Castres

 

1941 : la réouverture de la prison

 

La prison de Castres désaffectée en 1926 est rouverte en 1941 à la demande du chef de camp de Saint-Sulpice la Pointe. Cette annexe du camp est un local disciplinaire destiné à emprisonner les internés les plus « récalcitrants ».
Dès avril 1941, 35 internés, en grande majorité français, arrivent à Castres pour avoir été les « meneurs » d’une révolte contre les transferts d’internés en Afrique du Nord (Document 1). 

 
Ces emprisonnements pris dans le cadre de mesures disciplinaires ont vocation à être de courte durée. Les femmes sont soumises au même traitement. C’est ainsi, qu’en novembre 1941, le transfert du Camp de Rieucros (Ariège) vers la prison de Castres est demandé pour trois femmes qualifiées « d’incorrigibles communistes » (Document 2).

 Parmi elles, se trouve Fernande Valignat qui dispensa plus tard des cours de littérature au camp de Brens (cf. CNRD 2015-2016 « Résister par l’art et la littérature »). (Document 3).

  

Mise au secret et répression

 

Dès le printemps 1941, les autorités françaises projettent d’utiliser cette prison pour « l’internement de certains étrangers faisant l’objet d’une surveillance spéciale ». (Document 4)

 

 

 

 

Les premiers mis au secret sont Allemands (Doc.5), six hommes internés au Vernet et une femme internée à Rieucros sont transférés à Castres le 4 octobre 1941.

 

 

L’internement des Allemands avait commencé sous le gouvernement Daladier en 1939. Jugés  dangereux du fait même de leur origine, tous les Allemands se trouvant sur le territoire français furent internés dans des camps français. Cette mesure s’appliqua  y compris à  ceux qui, fuyant et combattant le régime nazi, avaient été déchus de leur nationalité allemande par le gouvernement hitlérien et bénéficiaient de l’asile politique.


En application de l’article 19 de la convention d'armistice entre la France et l’Allemagne signée le 22 juin 1940, la France doit livrer aux autorités du Troisième Reich les ressortissants allemands mais aussi autrichiens, tchèques, polonais — antifascistes, puis juifs — réfugiés sur son territoire.

 

Il en est ainsi des militants politiques allemands emprisonnés à Castres (Documents 6 et 7) mais aussi des militaires américains et britanniques, qui à l’encontre des dispositions prévue par la convention de Genève de 1929 seront eux aussi coupés du monde extérieur et livrés aux autorités allemandes. (Documents 8 à 11).

 

 

 

 

Face aux demandes pressantes d’avocats et de consuls qui souhaitent obtenir des informations voire rencontrer les internés, le chef de camp de Saint-Sulpice adresse, le 8 février 1943, une lettre au directeur général de la police nationale qui se veut rassurante, «seuls quelques internés français, qui ne sont pas au secret, ont le droit de recevoir  des visites de leurs très proches parents ». Des internés français mis au secret, il y en eut aussi. Arrivés à la prison à partir de février 1942, ces combattants de la Résistance furent cantonnés avec les militaires américains et britanniques au deuxième étage de la prison, à l’écart des volontaires des brigades internationales et des émigrés politiques allemands et autrichiens. Visites et courriers sont extrêmement contrôlés.(Document 12).

 

Dès novembre 1941, une lettre écrite en allemand est interceptée (Document 13). Une enquête est ouverte. Lors de de son audition le gardien Henri Gusse avoue avoir transmis clandestinement quelques lettres  en particulier pour Philippe Auerbach et Richard Kirn (Document 14). Henri Gusse est sanctionné.

 

La prison de Castres n’existe pas officiellement, tous les courriers doivent transiter par les camps : Saint-Sulpice-la-Pointe pour les hommes  français, le Vernet (Ariège) pour les hommes étrangers et Rieucros pour les femmes (camp fermé le 13 février 1942, internées transférées à Brens) avec cette mention supplémentaire en guise de nom de code : Baraque 21.

 

« Il ne faut ni écrire, ni rien envoyer ici à la prison, on ne me le remettrait pas » écrit un interné dont la lettre est contrôlée. Dans cette même lettre, il se plaint des conditions difficiles dans lesquelles il est détenu : « Je suis enfermé ici dans un cachot ; nuit et jour où on me fait mourir de faim. ». Il demande à ce qu’on lui écrive et lui envoie des vivres pour l’aider à tenir (Document 15).

Les évasions

Malgré les conditions de captivité difficiles, les extraditions et les déportations, des internés ont survécu. D’autres sont parvenus à s’évader de cette prison sous haute surveillance.
Certains évadés, malgré le contexte dramatique, ne manquent pas d’humour comme en témoigne la transcription d’une carte adressée au gardien-chef de la prison par Romain Marjollet, évadé le 18 octobre 1943 (Document 16).
Ou encore le message de deux évadés diffusé sur la radio britannique et intercepté par le service d’écoute de la préfecture faisant savoir que « Gérard et Maurice, locataire et concierge de la baraque 21, sont bien arrivés ».

 

Mais l’évasion la plus spectaculaire est celle du 16 septembre 1943 où 38 internés s’échappèrent de la prison. Cette évasion est relatée par Jonny Granzow. Il y a consacré un livre, livre sur lequel nous nous sommes appuyé pour rédiger ces quelques pages et que nous vous invitons à consulter aux Archives (AD81, Bib C 4045).

Mise à jour le 15 novembre 2018

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