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1940. Entrer en Résistance. Comprendre

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Travailler sur les archives de la Seconde Guerre mondiale aux Archives départementales du Tarn

Inventaire des archives relatives à l'accueil des réfugiés - Camps d'internement (348 W, 493 W, 495 W)

 

Inventaire des archives du Cabinet du préfet (506 W)

 

Autres ressources proposées par les Archives départementales :

Exposition itinérante "Terre d'asile, terre d'exil"

 

 

Pages archivées :

- CNRD 2018-2019

- CNRD 2017-2018

- CNRD 2016-2017

- CNRD 2015-2016

 

 

 

 

 

 

En octobre 1940, M. de Framond est désigné par le Maréchal Pétain pour rendre un rapport d’ensemble sur la situation du département du Tarn. Dans ce contexte, différents rapports sont rédigés à son attention. Ils sont consignés dans les archives de la préfecture sous la cote 506 W 62.  
En quoi cette petite liasse est-elle intéressante pour éclairer le terme «comprendre» ?
Parce qu’elle montre à quel point le Maréchal Pétain est soucieux de connaître les points de vue de la population tarnaise sur la situation politique économique et sociale au 10 octobre 1940. Ces rapports abordent les causes de la guerre, l’armistice, la défaite ou les restrictions.
Le Maréchal veut savoir quelles représentations les Tarnais ont sur son action et sa personne (le culte de la personnalité est un élément marquant de l’État français et de son caractère fascisant.) Or, se représenter quelqu'un, quelque chose d'une certaine manière, s'en faire une certaine idée, n’est-ce pas là, une définition du verbe comprendre ?
Certains rapports sont généraux, d’autres circonscrits à un territoire (Mazamet, Carmaux), à une question particulière (Mémoire de l’archevêque d’Albi sur la question de l’enseignement public et privé) ou encore à un secteur d’activité (les mines de Carmaux).
Le rapport général contient aussi quelques préconisations à l’égard du gouvernement.
Dans le chapitre consacré aux « Actions dans l’ordre moral », le paragraphe intitulé « Mise hors d’état de nuire des agents de propagande subversive » fait état que
« L’œuvre d’épuration des administrations et des institutions à tous les échelons est unanimement réclamée.
On demande que le Gouvernement sache allier la méthode et la prudence, voire l’indulgence, avec la fermeté.
Mais il faut mettre «  ceux qui refusent de comprendre » hors d’état d’exercer leur influence nuisible.
»

« Ceux qui refusent de comprendre »… Étaient-ce ceux qui, selon « une personnalité très avertie du journalisme tarnais » figuraient dans les 30% de personnes hostiles à l’égard de l’entourage du Maréchal et de son gouvernement ? Ces 30% dans lesquels sont listés : « les fonctionnaires, les ouvriers syndicalistes rouges, les instituteurs et les bourgeois du Front populaire » et qui seront mis à mal par l’État français (révocation, déchéance de nationalité, internement).

 

De quelles informations disposent les Tarnais pour se faire un avis de la situation ?
Ce sont tout d’abord les messages diffusés par la radio anglaise et les récits des réfugiés qui, lors de vastes campagnes d’évacuation ont quitté les zones occupées, dès septembre 1939. Dans une lettre du commissaire de police d’Albi adressée au préfet le 29 novembre 1940, ce dernier recense 2 047 étrangers dont 268 réfugiés (espagnols en majorité) résidant à Albi parmi une population de 30 293 habitants.

 

 

 

Il y a aussi la presse qui très tôt fait l’objet de censure et relaye systématiquement les discours et les visites du Maréchal. La Revue du Tarn publie ainsi, en exorde du volume de 1941, trois discours du Maréchal Pétain accompagnés d’une photographie légendée « le sauveur de la Patrie ».

 

 

 

 

Lorsque le Maréchal Pétain, héros de la Première Guerre mondiale, signe l’armistice le 22 juin 1940 ou obtient les pleins pouvoirs le 10 juillet 1940, il ne fait pas l’unanimité mais il peut s’appuyer sur sa grande popularité. Les lettres et autres délibérations adressées au Maréchal viennent en témoigner tout comme cet extrait de correspondance personnelle retranscrite par la Commission de contrôle postal d’Albi.

 

Les opinions exprimées alors par la population sont-elles vraiment représentatives ? La population fait l’objet de contrôle et de surveillance. La prudence s’impose.

 

Mais durant cette année 40, une des principales préoccupations de la population est le ravitaillement.

Ainsi ces femmes de prisonniers de Mazamet s’adressant au préfet, le 24 août 1940.

 

 

 

 

 

 

Améliorer la situation économique du pays, et, de fait, les conditions de ravitaillement et œuvrer pour le retour des prisonniers sont autant de préoccupations affichées par l’État français pour justifier son engagement dans la collaboration avec l’Allemagne nazie.

Dans cette allocution du 30 octobre 1940, le Maréchal Pétain fait de la collaboration, résultat d’une volonté conjointe entre l’État français et l’Allemagne, une étape nécessaire de la renaissance du pays. Elle fait suite à la rencontre entre le Maréchal Pétain, accompagné de Pierre Laval (portrait dans La Croix du 11 août 1940) et Hitler le 24 octobre 1940 à Montoire (Loir-et-Cher). Cette rencontre lance officiellement la collaboration politique entre les deux pays.


Mais le pays était déjà engagé dans une collaboration administrative  avec l’Allemagne, celle-ci était inscrite dans l’article 3 de l’armistice signé le 22 juin 1940 : "Le gouvernement français invite toutes les autorités et services administratifs du territoire occupé à se conformer aux réglementations des autorités allemandes et à collaborer avec ces dernières."


Et c’est donc dans le débat entre les partisans et les opposants à la signature de l’armistice, que se manifestent les premiers actes de refus et de résistance à l’égard de l’État français et de l’Allemagne nazie.

 

Mise à jour le 7 novembre 2019

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