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Son engagement dans la dernière colonne

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Focus

 

Emmanuel d'Astier de la Vigerie (Paris, 1900 - Paris, 1969) : écrivain, journaliste, militaire et homme politique français, compagnon de la Libération. Il fonde en 1941 le mouvement Libération-Sud et le journal Libération.

Sur Emmanuel d'Astier de la Vigerie :

https://www.fondationresistance.org

 

Yvon Morandat (Buellas [Ain], 1913 – Marseille, 1972) : homme politique et résistant français. Il a rejoint l’Angleterre dès le 18 juin 1940 pour s’engager dans les rangs de la France Libre.

Gringoire : journal hebdomadaire politique et littéraire français de droite fondé en 1928.

Enjouement : bonne humeur, joie, gaieté.

Extraits (p. 35, 36 et 37)

Son parcours de résistant, Charles d'Aragon le commence début 1941, avec La dernière colonne, mouvement créé à Clermont-Ferrand dans les derniers mois de l’année 40 et qui constitue l’embryon du grand mouvement de la zone libre « Libération-Sud ».

 

"Le général d'Astier de la Vigerie devait jouer un rôle de premier plan auprès du général de Gaulle à Londres et à Alger. Il était le père de mes visiteurs. Jean-Anet avait été mon camarade à l'école de l'air à Rabat. Quant à sa sœur, elle m'est apparue pour la première fois par un matin de février. Une vocation précise et militante la guidait, d'étape en étape, à travers la France. Elle était faite pour convaincre et pour organiser. On était frappé par l'harmonie de ses traits. Il y avait autant d'équilibre et de netteté dans la disposition de ses lignes que dans l'économie de ses propos et de ses plans.
Elle animait avec son frère un mouvement de résistance dont on a depuis fort peu parlé. Ce mouvement s'appelait « La dernière colonne ». Emmanuel d'Astier en était le fondateur. En vertu d'une loi qui veut que les contraires s'attirent en se complétant, il travaillait alors avec Yvon Morandat au seuil d'une féconde carrière de clandestins.
À « La dernière colonne », on s'occupait de distribuer des tracts et parfois moins que cela encore. Il arrivait que l'on se contentât d'utiliser la presse de l'adversaire. On glissait dans un journal exposé pour la vente une étiquette sur laquelle on lisait : « Lisez Gringoire; vous ferez plaisir à Hitler. » J'ai le souvenir de feuilles éparses sur lesquelles était évoqué le sort réservé aux dirigeants allemands qui en 1918 avaient assumé la défaite de leur peuple. Voilà qui marque le caractère d'une résistance : celle d'un peuple qui conteste sa défaite, non celle d'une classe qui en combat une autre et fait sa révolution.
Les papiers valaient ce qu'ils valaient mais on les distribuait de bon cœur. L'essentiel, une fois de plus, était de faire savoir qu'une contestation existait. Le fait même d'une distribution de tracts convenablement imprimés donnait à penser que des militants se concertaient dans l'ombre et que des structures secrètes s'élaboraient. C'était là l'intérêt essentiel de cette tâche ingrate qui consistait à composer des textes et à trouver des lecteurs. Il était important aussi de créer une communauté dans le risque. À s'occuper de presse clandestine, on devenait en effet un candidat sérieux à l'incarcération. Les premiers animateurs de « La dernière colonne » devaient en faire rapidement l'expérience.

[...]

D'Astier fut incarcéré à Nîmes. Sa sœur y séjournait déjà dans la prison des femmes. Elle était passée chez moi l'avant-veille, préoccupée d'aller réparer quelques erreurs commises dans l'exubérance par des Languedociens inexpérimentés. J'avais en vain cherché à la retenir. Détenue, elle supporta l'épreuve avec entrain, enjouement et dignité."

Questions

1) Comment s'appelle le premier réseau de résistance auquel Charles d'Aragon  a participé ?

2) Quelles actions menaient ces résistants ?

3) En quoi était-il essentiel de mener ces actions ?

4) Qu'est-il arrivé aux premiers résistants engagés dans La dernière Colonne ?

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