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Sur Augustin Malroux

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Focus

 

Sous la férule : sous l’autorité.

Magister : maître d’école.

Hussard noir : surnom donné aux instituteurs publics sous la IIIe République après le vote des lois Ferry sur l'instruction obligatoire, gratuite et laïque (1881-1882) et le vote de la loi de séparation des Églises et de l'État en 1905.

Déconfiture : échec total.

Diacre : homme au service de l’Église.

Chevau-léger : soldat d'un corps de cavalerie légère organisé en France du XVIe au XIXe siècle.

Extraits (p. 47, 48 et 49)

Charles d’Aragon revient sur le contexte politique de l’avènement du gouvernement de Vichy, évoquant le vote du 10 juillet 1940 donnant les pleins pouvoirs au Maréchal Pétain.

"Voilà que le nom d'un député moins célèbre revient sous ma plume. Augustin Malroux avait en 1936 conquis le siège d'Albi. L'image de cet instituteur socialiste que toutes ses qualités vouaient, hélas ! au martyre, tient une place importante dans le triste musée de ma mémoire. À Vichy, par son vote, il s'était opposé à Pétain dictateur comme à Pétain constituant. Ses vertus d'opposant ne s'accommodaient point de demi-mesures. Mais quel accueil lui fut réservé ! « Je n'arrivais point, me disait-il, à faire admettre les raisons de mon vote à mes électeurs socialistes. Pendant les premiers mois, ils m'ont accablé de leurs reproches. »
Malroux, député d'Albi, eut du mal à se faire pardonner son vote par ses amis. Sans doute ne fut-il pas beaucoup mieux compris par ses collègues instituteurs. Les écoles primaires de la zone libre s'étaient pour un temps transformées en temples de la Révolution nationale. Que d'adultes vivent aujourd'hui qui ont appris les paroles de Maréchal, nous voilà ! sous la férule d'un magister laïque ! Les « hussards noirs » de la République avaient égaré leurs montures dans la nuit. Ils ne furent point isolés dans ces jours de déconfiture. Mais il était plaisant de voir ces diacres fervents de l'anticléricalisme se ranger dans le même camp que les évêques bénisseurs et que les chevau-légers de l'ordre moral.

[...]

Malroux était d'une autre espèce. Je lui demandai un jour pourquoi il ne songeait pas à reprendre ses fonctions d'instituteur : « Je ne saurais, me dit-il, enseigner autre chose que les droits de l'homme. » Voilà qui honore l'école publique en dégageant ce vieux parfum de sainteté laïque propre à faire oublier les déficiences d'un système et la médiocrité d'un enseignement. « Il faut bien vivre », disent les faibles et Malroux  répondait à sa manière : « Je n'en vois pas la nécessité. » En fait, il consacra ses dernières années à donner aux socialistes des raisons de vivre et de mourir. C'est en déportation qu'à la veille d'être libéré il termina sa noble existence."

Questions

1) Pour quel mandat politique Augustin Malroux a-t-il élu ?

2) Quel métier exerçait-il ?

3) Quelle conséquence a eu son vote contre les pleins pouvoirs à Pétain le 10 juillet 1940 ?

4) Comment Charles d'Aragon qualifie-t-il "les écoles primaires de la zone libre" ?

5) Qu'est-il arrivé à Augustin Malroux ?

 

 

 

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