Conservation des Antiquités et Objets d'Art (AOA)

Depuis 1908, la conservation départementale des Antiquités et objets d'arts, dont le siège se situe aux Archives départementales, recense, étudie et protège les objets mobiliers dans le ressort du département, sous l'autorité du préfet. Elle accompagne les propriétaires (surtout les communes) à conserver en sécurité et en bon état le patrimoine mobilier du département. Il s'agit en grande partie de témoignages de l'art sacré du Moyen Âge à la Révolution, mais les courants artistiques des 19e et 20e siècles doivent occuper une place toujours croissante.

Le Tarn compte plus de 2800 objets protégés au titre des monuments historiques, recensés dans les collections publiques ou privées des 314 communes du département (à l'exception des musées). Le Département s'investit dans la protection de ce patrimoine.

Nos missions

Surveiller

Au cours de visites in-situ, la présence et l’état des objets recensés sont vérifiés. Le Code du patrimoine prévoit cette disposition règlementaire, le récolement, pour les objets protégés au titre des monuments historiques. L’inventaire descriptif et photographique est ainsi mis à jour. Ces visites sont aussi l’occasion d’évaluer leurs conditions de conservation et de conseiller les propriétaires publics ou privés.

Protéger

La conservation des objets d’art repère les objets susceptibles d’être protégés au titre des monuments historiques puis prépare et rapporte les dossiers de protection qui sont soumis à l’examen de la Commission régionale du patrimoine et de l’architecture, CRPA.  Si les protections au titre des monuments historiques n’interviennent qu’avec l’accord du propriétaire, tout citoyen peut saisir la conservation d’une demande de protection.

Conserver

La conservation des objets d’art veille aux conditions de conservation des œuvres, difficilement maîtrisables dans des édifices qui ne sont pas conçus comme des musées. Elle peut utilement conseiller les propriétaires pour les améliorer  par des mesures simples.

Restaurer

Pour tout projet de restauration d’une œuvre, la conservation des objets d’art accompagne le propriétaire pour déterminer la nature des travaux, évaluer la qualification des intervenants, suivre le chantier de restauration. Elle le guide en matière de procédure administrative, selon le degré de protection au titre des monuments historiques, et en matière d’aides financières.

Valoriser

La conservation des objets d’art conseille les propriétaires pour mettre en valeur leurs objets mobiliers, qu’il s’agisse de leur présentation matérielle ou de la diffusion d’informations auprès du public (cartels, panneaux, dépliants). Expositions, conférences, visites-conférences à la demande de collectivités ou d’associations concourent aussi à une meilleure connaissance de ce patrimoine.

Procédures de protection et de restauration

Protection au titre des monuments historiques

Deux niveaux de protection juridique sont possibles :

  • Le classement au titre des monuments historiques pour les objets présentant «au point de vue de l’histoire, de l’art, de la science ou de la technique un intérêt public »
  • L’inscription au titre des monuments historiques pour les objets présentant « un intérêt suffisant pour en rendre désirable la conservation »

Toute intervention sur les objets protégés au titre des monuments historiques est soumise au contrôle scientifique et technique de l’Etat, selon des procédures adaptées au niveau de protection. La liste des objets protégés du Tarn est consultable sur la plateforme ouverte du patrimoine du ministère de la Culture, POP - Plateforme Ouverte du Patrimoine - Ministère de la Culture.

Pour toute demande de protection, la conservation des AOA ou la DRAC Occitanie doivent être contactées. Elles jugeront de l’opportunité de la demande après une visite sur place et assureront la présentation en commission régionale du dossier.

Restauration des objets

La restauration des objets n’est pas une opération de routine mais un acte sérieux, un compromis entre la rigueur historique et l’exigence esthétique. Un particulier ne peut pas restaurer lui-même un objet protégé au titre des monuments historiques.

La restauration doit être confiée à des personnes diplômées et travaillant sous le contrôle scientifique et technique de l’État assuré par la conservation des AOA et la DRAC. En effet, chaque opération de restauration fait l’objet d’un dossier de suivi précis et complet. Dès l’élaboration des devis, le restaurateur doit mentionner le type d’intervention qu’il envisage, depuis la technique jusqu’aux matériaux utilisés.

Le propriétaire, maître d’ouvrage, doit demander avec l’aide de la conservation des AOA, un devis à plusieurs restaurateurs.

La restauration doit s’accompagner obligatoirement d’une autorisation de travaux dont la demande, par le Cerfa n°15459*2, pdf (269ko), transite par la conservation des AOA qui l’adresse, après avis, à l’inspection des monuments historiques à la DRAC Occitanie qui examinera le choix par la commune du restaurateur.

En cas de détérioration soudaine d’un objet, prends contact immédiatement avec la conservation des AOA ou la DRAC.

Les travaux de restauration et de sécurisation des objets protégés au titre des monuments historiques peuvent être subventionnées conjointement par la DRAC, le Conseil Régional et le Département du Tarn, d’où la nécessité de prévoir les opérations à l’avance. Les dossiers doivent être présentés l’année N-1 avant la réalisation des travaux.

Pour les objets non protégés au titre des monuments historiques, des demandes peuvent être adressées au Conseil régional et au Département.

Lutter contre les sinistres

En cas de sinistre quel qu’il soit, touchant un objet protégé au titre des monuments historiques, il convient de toujours prévenir la conservation des antiquités et objets d’art du Tarn.

Vols

Les objets d’art sont souvent victimes de vols. Malgré cela, la conservation des objets dans leur édifice d’origine est à privilégier. Pour mieux sécuriser les objets, des mesures simples sont à prendre avant d’effectuer des travaux :

  • Fermer les églises la nuit et le jour si elles sont trop isolées
  • Ne pas confier les clés à des personnes inconnues
  • Laisser les sacristies fermées à clés
  • Contrôler régulièrement la présence des objets à leur emplacement
  • Organiser la surveillance pendant les heures d’ouverture de l’édifice et accompagner les visiteurs

D’autres mesures de sécurité très efficaces peuvent être prises :

  • Alarmes
  • Pose de barreaux aux fenêtres
  • Pose de serrures de sécurité
  • Scellement de la statuaire, fixation des tableaux
  • Orfèvrerie conservée dans un coffre-fort ou dans la sacristie fermée à clé

Si malgré tout cela, des objets protégés au titre des monuments historiques sont volés, une procédure est à suivre :

  • Prévenir la conservation des AOA
  • Dépôt de plainte auprès de la brigade de gendarmerie ou du commissariat de police compétent en précisant la qualité du déclarant et le propriétaire du bien
  • Transmettre aux services de police la documentation fournie par le CAOA pour permettre l’identification ultérieure de l’objet dérobé : photographies, dossiers de restauration, marquages, dimensions, etc.
  • Alerter le ministère de la culture et le centre technique de la Gendarmerie Nationale (Service technique de recherche et de documentation) de Rosny-sous-bois et à l’Office Central de lutte contre le trafic des Biens culturels (OCBC-Direction centrale de la police judiciaire, 8 rue de Penthièvre 75008 Paris, tél : 01.40.07.67.85 ou 01.49.27.49.27, fax : 01.40.07.67.89).

Incendie

Afin de prévenir tout risque d’incendie, vous pouvez demander conseil aux Sapeurs-Pompiers. Auparavant, vérifier que certaines mesures simples ont été prises :

  • Equipement d’un paratonnerre
  • Conformité de l’installation électrique
  • Surveillance de l’installation électrique et des appareils de chauffage
  • Vigilance particulière des cierges et bougies et à leur utilisation (débarrasser au fur et à mesure les résidus, ne pas les stocker en trop grande quantité, désaffecter les supports instables et écarter les supports des objets et des meubles inflammables)

Attention :

  • Si l’édifice est inscrit ou classé monument historique, vous devez consulter en premier lieu l’architecte des bâtiments de France (A.B.F) qui envisagera les travaux
  • Si l’édifice conserve des objets protégés au titre des monuments historiques, la conservation des AOA doit être concertée lors des travaux afin d’en prévoir les conséquences éventuelles

Humidité

L’humidité est fréquente dans les églises et elle est souvent responsable d’une détérioration rapide des objets. L’étanchéité du bâtiment est le premier élément à vérifier et s’il y a des travaux à réaliser, ils doivent être prioritaires. Ensuite soyez vigilants à l’état des canalisations. Dans les pratiques courantes, privilégiez les nettoyages des sols à sec (balai, aspirateur), lors des fleurissements de l’extérieur de l’édifice, privilégiez les jardinières aux parterres et débarrasser les abords des matériaux entreposés inutilement.

Si vous constatez des traces de condensations, de champignons, de moisissures ou de pourritures sur les objets protégés au titre des monuments historiques ou présentant un intérêt patrimonial, prévenez la conservation des AOA qui examinera les interventions d’urgence à réaliser par un restaurateur.

Infestations

Trois types d’animaux peuvent nuire à la conservation des objets et de l’édifice : les rongeurs, les oiseaux et les insectes. Pensez à vérifier si vous êtes dans une zone géographique contaminée par les termites, et si c’est le cas, exercer une vigilance accrue.

Pour limiter les dégâts dus aux animaux :

  • Procéder à un ménage régulier de l’ensemble de l’édifice (combles, escaliers, etc.)
  • Surveiller le climat du bâtiment en limitant l’humidité
  • Eviter la pénétration d’oiseaux en remplaçant les vitres cassées ou en installant du grillage aux fenêtres et baies

Si vous constater des attaques sur des objets protégés au titre des monuments historiques ou présentant un intérêt patrimonial, par des insectes xylophages ou des rongeurs (textiles), prévenez la conservation des AOA qui vous indiquera la marche à suivre.

Maintenance des lieux et des objets

Un classeur mis à jour régulièrement peut vous aider pour organiser la maintenance des lieux. Il doit contenir :

  • Un plan de l’église avec la localisation datée de chaque objet
  • Des documents complémentaires (photos, etc.)
  • La liste des noms et coordonnées des personnes impliquées dans la maintenance et la surveillance courante du bâtiment
  • Des consignes précises en cas de vol d’un objet
  • La liste des objets protégés ou non

Quelques conseils supplémentaires en matière de dépoussiérage :

  • Ne pas dépoussiérer une œuvre d’art peinte ou dorée
  • Ne pas laver des objets en pierre mais les dépoussiérer quand la surface n’est pas poudreuse avec un pinceau  souple et doux
  • Ne pas nettoyer l’orfèvrerie avec des produits du commerce mais l’essuyer avec un chiffon sec doux en portant des gants
  • Ne jamais laver des textiles anciens, mais épousseter délicatement avec un pinceau souple et propre
  •  Ne pas nettoyer les vitraux avec du produit à vitres
  • Ne pas brosser les peintures murales ni les dépoussiérer à la tête de loup

Enfin soyez vigilant à l’exposition à la lumière de certains objets comme le textile. Ne jamais les exposer à la lumière directe et organiser des roulements dans l’exposition des objets. Ne les sortez par exemple que pendant la période la plus touristique. Pendant le reste du temps, stockez les textiles à plat dans des housses de coton (qui peuvent être réalisées avec des draps anciens) ou dans du papier de soie à l’abri donc de la lumière et de la poussière.

Contacts

Virginie Massol-Kremer : caoaping@tarnpong.fr

Éric Montat : caoaping@tarnpong.fr

Jean Le Pottier : jeanlepottier81ping@gmailpong.com

Avoir un aperçu de la richesse du patrimoine mobilier du Tarn !